LE TOURISME COMMUNAUTAIRE : Une expérience humaine dans les Vallées Calchaquies

Dans un article précédent, pour faire écho aux premiers chapitres de mon roman  » La Dernière Cuite », j’ai vanté les beautés touristiques du Nordoeste et de Salta. Au cours du périple que, récemment, nous avons  organisé facilement par nous mêmes dans les Vallées Calchaquies, nous avons choisi de renoncer au confort d’une étape en hôtel pour retenir la proposition de l’Agence ORIGINS ( http://www.originsargentina.com ) animée par une française, Chantal Bourdais. Elle proposait un séjour organisé par la « Red de Turismo Campesino  Valles Calchaquies de Salta » ( http://www.turismocampesino.org ). C’est un réseau coopératif agricole, artisanal et de tourisme rural communautaire, géré et administré par une cinquantaine de petits producteurs de 12 communautés indigènes.

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L’agence nous a proposé un séjour chez les Indiens Diaguitas de la communauté de Divisadero, à proximité de Cafayate, ville  que nous voulions visiter pour sa réputation viticole ( Ah ! le Torontes ! ). Ils vivent sur des terrains arides qu’ils ont fertilisés par leur travail acharné et grâce à l’irrigation issue du Rio Colorado. Compte tenu de nos intérêts, répertoriés par Origins avant le choix de notre hébergement, nous avons été accueillis chez Teresa Gutierrez, une petite oasis de verdure dans un lieu d’accès un peu délicat, isolé dans un superbe paysage. Teresa,  hôtesse de 88 ans,  toute menue mais agile , nous attendait après le franchissement d’un gué, à l’entrée de sa propriété: accueil à la fois timide et chaleureux avec un goûter rustique.

Quel dépaysement et rappel à la réalité rurale indigène : installations rustiques mais propres, avec douche et chauffe eau solaire ; chambres dépouillées, cuisine simple avec les ustensiles essentiels, éclairage aléatoire… Pourtant le jardin offre une grande variété de fruits et légumes, et Teresa élève des volailles, lapins, moutons et chèvres : autosuffisance pour la famille étendue, car nous verrons défiler là la fille de notre hôtesse et quelques petits enfants qui repartent avec des provisions. Nous découvrons un autre rythme de vie, faite d’attente d’événements quotidiens minuscules : cuisiner, laver et ravauder le linge, tricoter…Teresa s’est consacrée à la préparation de nos repas, par ailleurs délicieux, notamment un ragoût de viande, un gratin et un flan sucré de maïs, la plante sacrée des indiens. Il était prévu que nous découvrions les recettes locales et participions à la confection des plats. Ce fut le cas pour les empanadas salteños, plus petits que ceux de Buenos Aires et succulents du fait de la cuisson au feu de bois.

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Autre intérêt: la présentation-dégustation, par un neveu de Teresa, de la production viticole de la modeste propriété. Dans une région où les grands propriétaires trustent la  viticulture, ce n’est pas le moindre mérite des Diaguitas que d’insérer leur produits, qui ne déméritent pas, dans un contexte où la concurrence est rude et le sol ingrat aux abords des montagnes.

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Enfin, comme il était prévu, deux jeunes guides de la communauté nous ont organisé une excursion correspondant au niveau de chacun, avec pique nique pour les plus aguerris. Nous avons ainsi profité d’un paysage sauvage et superbe sous un beau soleil, encadrés par Sylvestre et Jeanine, deux jeunes à la fois prévenants et attentifs et bons connaisseurs des lieux. Un beau moment, où, au fil du chemin, nous avons pu découvrir les préoccupations de ces jeunes en formation qui se battent pour assurer un avenir optimiste, dans un pays en crise.

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Quelques cerises sur le gâteau: les repas partagés avec l’évocation prudente par Teresa des légendes locales, en particulier celle des Duendes, esprits de la nature qu’il vaut mieux se concilier, les échanges de cadeaux avant le départ… Bref, un séjour enrichissant , surtout parce qu’il ramène les choses à leurs justes proportions: où est la vérité d’un bonheur que nous cherchons tous? En tout état de cause, nous en avions oublié nos préoccupations personnelles et même les plaisirs du tango à Buenos Aires…

Si l’on évoque le prix du séjour dont 85% revient à la caisse de la coopérative communautaire qui gère ensuite la redistribution, il apparaît plus élevé que celui de deux nuits d’hôtel mais tous les repas et les services sont compris. Et si on apprécie le bénéfice humain d’un tel choix, nous ne regrettons pas de l’avoir fait. Avoir partagé quelques moments la vie des Diaguitas qui, avec les Quilmes,  sont parmi les indigènes qui ont résisté le plus farouchement aux conquérants espagnols, reste pour nous un souvenir inoubliable.

Merci à Michèle et Alain qui ont partagé avec nous ce séjour et les photos… Je leur en ai emprunté quelques unes.

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par chabannonmaurice

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