LA FERIA DE SAN TELMO : 1) à la recherche d’antiquités et objets insolites…

  Les Ferias à Buenos Aires se vivent comme un événement hebdomadaire, but de sortie familiale ou touristique, mais ils sont devenus une institution historique, commerciale et culturelle. La plus connue, dans le quartier ancien de San Telmo, draine, chaque dimanche, des touristes mais aussi des portègnes à la recherche d’un cadeau ou d’un moment insolites. On peut en effet s’y promener sous le soleil en léchant des glaces et en se laissant porter, au gré des stands colorés, des odeurs inattendues et des bruits divers. Mais depuis que nous prenons chaque année nos quartiers dans la capitale argentine, nous trouvons plaisir à vivre cette rencontre populaire avec des yeux à chaque fois étonnés par le talent inventif des exposants. Certes, nous retrouvons à chaque fois les stands attrape-touristes, mais il y a souvent quelques vraies découvertes et de chaleureuses rencontres, et nous ne nous lassons pas de cet événement. C’est pourquoi j’y consacrerai trois articles, pour en montrer la diversité disparate, tant du côté des objets, que des gens ou des lieux. J’enchaînerai plus tard sur la Feria de Mataderos, une autre ambiance, tout aussi animée et intéressante…

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Partons à la recherche d’objets insolites et d’abord chez les antiquaires… Dans ce quartier riche en histoire – j’y reviendrai- des artistes s’installèrent dans les années 1960, suivis, un peu plus tard, par des antiquaires en tous genres. Ils étaient incités à s’installer à proximité de la Plaza Dorrego, par la création en 1970 de la feria qui regroupa au début une trentaine de stands. Depuis, ils ont proliféré et colonisé des bâtiments délaissés, y compris d’anciens conventillos, et une bonne part du Mercado de San Telmo dont les touristes oublient de détailler l’architecture datant de 1897. Dans ce marché, comme dans d’autres galeries, on a depuis organisé des mini magasins loués à l’année, car les antiquaires sont ouverts aussi en fin de  semaine. La crise économique incita en effet les portègnes des classes pauvres et moyennes à se défaire de meubles et objets familiaux, souvent inspirés, sinon importés d’Europe. On peut donc faire des découvertes intéressantes quand on est amateur de beaux meubles, d’objets décoratifs ou utilitaires devenus rares chez nous, avec dans certaines boutiques, une spécialisation sur un type d’objet, par exemple les statuettes art nouveau, les bijoux … ou les chapeaux anciens.  Certaines boutiques sont luxueuses, d’autres plus modestes.    

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        Une belle vitrine, une galerie de la calle Defensa, le Mercado et un espace aménagé dans d’anciens entrepôts. Le mercado a gardé une partie alimentaire, comme à sa création.                             

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Chapeaux en tous genres. Plusieurs boutiques prétendent avoir fourni Gardel en son temps. Je trouve les miens à “La Sombra del Arrabal” 1229 Defensa.

Dans le registre des antiquités, le tango et la culture argentine conservent une place de choix et on peut dénicher dans quelques boutiques spécialisées, des instruments anciens, des partitions musicales, des disques de qualités diverses et des livres sur tous les sujets, en prenant soin d’en vérifier l’authenticité.  Dans un article précédent daté du 5 février 2016, je parle du stand d’ Elena au Mercado où j’ai déniché des partitions, mais il y en a beaucoup d’autres et il faut fouiner. On trouve aussi sur la Plaza Dorrego, des vendeurs de gramophones anciens. Je connais des amateurs qui en dépit du poids, n’ont pas hésité à en rapporter en France. 

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Un stand de la Plaza Dorrego.  Avec Elena, à laquelle nous remettons un paquet de disques vinyls, cadeau de l’ami Vagnon, habitué des lieux. 

En dehors des antiquités, la Plaza Dorrego et les rues voisines regorgent de stands en tous genres, de plus ou moins bon goût, mais dont certains sont tenus par des artisans : la fabrication se fait sous les yeux des passants. Reste l’embarras du choix et le plaisir de flâner d’étalages colorés en étalages pittoresques. 

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Plateaux à picadas, bombos, ceintures, foulards, bouteilles, fleurs en tissu… 

Et au hasard de la déambulation, on peut voir se côtoyer les objets les plus antiques et des créations artistiques intéressantes car depuis quelques années, des designers se sont installés dans le quartier. Signalons enfin la présence de peintres dans la rue Humberto 1er à proximité de la Plaza Dorrego, et en cherchant bien, un ou deux fileteadores capables de vous peindre une plaque originale sur commande, au besoin avec un modèle.

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par chabannonmaurice

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