TANGO ET LONGÉVITÉ : HORACIO SALGAN A 100 ANS !

    Par trop plein d’activités, j’ai délaissé mes fidèles lecteurs depuis un mois, mais l’occasion m’est donnée de revenir à mon blog avec l’événement du jour, non seulement en Argentine, mais dans le monde entier des danseurs et musiciens. Horacio Salgán, l’un des plus célèbres pianistes du tango, fête en effet aujourd’hui ses 100 ans et l’événement est suffisamment marquant pour faire la une des pages artistiques du quotidien Página 12. 

                                       tapa E&C, 15.06.16

Salgán fut, dès ses débuts, un des rénovateurs du tango, au même titre que Piazzolla, intéressé qu’il était par les diverses expressions musicales : tango et folklore argentins bien sûr, mais aussi jazz et musiques du monde et il en retenait les rythmes novateurs. Il a pratiqué d’ailleurs plusieurs instruments dont l’orgue, le saxophone et la contrebasse. En ce qui concerne le piano, il reconnaissait avoir été influencé par la virtuosité des plus grands musiciens du jazz, comme Art Tatum ou Duke Ellington.  De la même façon que Pugliese avait inventé l’effet « yumba », lui a introduit le « umpa-umpa » et il aimait souligner que ses ascendances noires expliquaient la teneur énergique de ses compositions. Un de ses tangos le plus connu,  » A fuego lento », en donne une idée. Il a travaillé avec les plus grands musiciens des diverses époques ( Calo, Firpo, Troilo, Mosalini…), les plus grands chanteurs dont Rivero et Goyeneche, préférant nettement les formations réduites, en duo avec Ubaldo de Rio, en quinteto avec le célèbre « Quinteto Real » qu’il a formé et présenté dans le monde entier. Son fils César, également pianiste,  le maintient depuis 12 ans maintenant. Il a aussi, comme l’a fait Piazzolla avec son Operita  » Maria de Buenos Aires », travaillé avec Horacio Ferrer, pour composer l’Oratorio « Carlos Gardel » joué avec un orchestre symphonique et le bandonéon de Juan José Mosalini en soliste.  

A l’occasion de cet anniversaire on relira avec profit les articles d’ouvrages de  référence comme « Le Tango » ( Horacio Salas – Actes Sud ), le « Dictionnaire passionné du Tango » ( GH.Denizot, JL. Mingalon, E.Honorin -Seuil ), on se reportera à divers sites internet. Il faut aussi regarder le film « Café de Los Maestros  » une de ses dernières apparitions publiques. Mais surtout il faut réécouter les compositions du Maître et en particulier « A fuego lento »,  » Don Agustin Bardi » et l’arrangement du célèbre « El Choclo » pour le Quinteto Real, où la mélodie est reprise en soliste, successivement par le bandonéon, le piano, la guitare et le violon. On y appréciera non seulement la virtuosité chère à Horacio, mais aussi son sens de l’équilibre, la finesse d’interprétation… et le plaisir de jouer.

Nombreux sont les plus grands noms du tango qui vivent jusqu’à un âge avancé et la chanteuse Nelly Omar avait, elle aussi, dépassé les 100 ans. Un des secrets de la longévité est-il dans le tango ? Féliz cumpleanos, Maestro !     

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par chabannonmaurice

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