SECONDE MASTER CLASSE avec Juan José MOSALINI

          En novembre 2015,  j’ai déjà relaté la répétition dirigée par Juan José Mosalini, avec les élèves avancés du Conservatoire Régional d’Avignon, à l’auditorium du Pontet.

Un des plus grands bandonéonistes actuels, dont le talent s’accompagne d’une extrême simplicité, était à nouveau à la baguette ce dimanche 12 juin dernier, dans le même site, pour une master class au Conservatoire, à l’auditorium dans le parc du Château de Fargues. Juan José Mosalini est un des derniers bandonéonistes de la génération des années 1940. Installé en France depuis 1977, il a créé divers ensembles et il a joué un rôle moteur dans le développement du bandonéon en France en ouvrant en 1989 une classe de cet instrument au Conservatoire de Genevilliers. Depuis, d’autres Conservatoires ont suivi cet exemple, dont celui du Pontet qui a ouvert une classe voici deux ans, sous l’impulsion d’Yvonne Hahn. Des élèves de Juan José ont depuis intégré des grands ensembles, dont le plus grand orchestre d’Europe, mais le Maître reste inégalable, tant dans le jeu que dans la direction et la composition. Dans ce domaine on lui doit des tangos, valses et milongas, bien sûr, mais aussi de superbes solos de bandonéon, des concertis et des cantates qui font entrer l’instrument dans le registre de la musique classique… ou de la musique de film. Il proposait d’ailleurs à la répétition des morceaux de sa composition dont « Ciudad Triste » et « Bordoneo y 900 »
Je recommande aux curieux de lire l’article détaillé sur lui dans « Le Dictionnaire passionné du tango » ( GH Denigot, E. Honorin, JL.Mingalon- editions du Seuil, 2015) ou de consulter les articles et reportages sur internet, Wikipedia et You Tube en particulier. Napo, un dessinateur humoristique argentin, a illustré un ouvrage plein d’humour sur le tango, sur une sélection musicale jouée et enregistrée par Mosalini ( disque joint à l’ouvrage ), avec une préface de Horacio Ferrer et une synthèse historique du genre par Oscar del Priore. ( Editions Consonances, Paris, 2005. L’ouvrage peut être demandé à Y. Hahn ). Vous pouvez aussi vous reporter à l’article du 24/11/2015, que j’ai rédigé sur ce blog , à l’occasion de la première master class de novembre. 

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                   En répétition avec l’orchestre et en discussion avec Yvonne Hahn.

Une fois de plus, comment ne pas être impressionné par la virtuosité technique de cet artiste et la simplicité humaine qu’il dégage quand il explique comment il a sensibilisé aux rythmes que contient le tango des élèves de Genevilliers qui, au départ n’étaient pas musiciens et lisaient mal les partitions ? Et de joindre les gestes à la parole en montrant comment on peut partager cela simplement en marquant les pas sur place et en frappant les rythmes sur ses cuisses… Mais en dehors de cette technique, reprise depuis dans les cours sur la musicalité dans le tango, comment ne pas admirer la sollicitude qu’il montre vis à vis des musiciens, excellents par ailleurs mais parfois néophytes quant aux effets sonores du tango? Il revient inlassablement auprès de la pianiste pour aller vers la perfection, et vers le contrebassiste pour lui montrer les effets de percussions sur la caisse. Il insiste sur le tiré d’archet des violons en jouant sur un instrument imaginaire, mais on voit bien ce qu’il veut. Avec les bandonéons, il a un excellent moyen : saisir le sien et interpréter quelques mesures pour montrer ce qu’il maîtrise parfaitement.  Aussi ne néglige-t-il aucune des nuances, des silences dont il montre le rôle respiratoire, des solos donnés à tel ou tel instrument… Et, quitte à fatiguer les musiciens, il fait reprendre inlassablement tel ou tel passage pour aller vers la perfection. Mais il insiste surtout sur la nécessité, dans l’orchestre, d’écouter les autres et explique que si, dans la danse, le tango est plutôt libre dans son expression, dans la musique, chaque musicien ne peut jouer à sa façon et doit être dans l’expressivité voulue par le compositeur ou l’arrangeur. Un grand moment…

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                              Deux attitudes de Juan José pendant la répétition.

Notons que les élèves d’Yvonne Hahn donneront un concert pour marquer non seulement la fin de la saison au Conservatoire, mais aussi les deux années de fonctionnement avec succès des diverses classes, dans un programme éclectique que je communique par ailleurs. Ce sera le vendredi 24 juin prochain, à 20h30, à l’auditorium du Pontet. J’incite les amateurs à venir encourager les musiciens et à juger du travail d’Yvonne, soutenu par les Master Classes de V.H.Villena et de J.J.Mosalini.  

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par chabannonmaurice

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