A L’ACADEMIA NACIONAL DEL TANGO : ACTE 2.

Le deuxième acte des moments partagés avec Gabriel Soria va se dérouler à la radio 2 x 4, connue et surtout écoutée dans toute l’ Argentine, mais aussi bien au delà.  Les lieux où elle opère ne nous étaient pas étrangers, pour y avoir été invités par Marcelo Rojas, le DJ apprécié pour ses tournées en Europe. Il y travaille et gère une enviable discothèque regroupant des disques de tango du monde entier, notamment des vinyls et le plus souvent d’excellente qualité. Nous avions aussi, il y a quelques années, assisté à un enregistrement en direct de deux orchestres « Cachivache » que nous avions fait venir en France, et qui nous avait invités, et « Fandango », étonnant trio japonais qui tourne maintenant dans les milongas portègnes, car les Japonais savent tout assimiler. Étonnante juxtaposition de deux orchestres, le premier secouant la tradition, tandis que l’autre multipliait les efforts pour l’approcher.
Cette fois, nous allions être les acteurs, sans connaître tout à fait la règle du jeu. Bien sûr, André Vagnon avait en tête son stock inépuisable de connaissances, mais aurait-il le temps de dire tout ce qu’il aurait voulu faire connaître sur son action en France, sur son site Bible du Tango, et sur les secrets de son grenier ? Pour ma part, ma connaissance imparfaite de l’espagnol ne me permettait pas d’exprimer directement aux auditeurs les nuances de mes intentions d’écriture, et j’avais choisi de passer par la traduction, aimablement assurée par l’ami André. Il m’importait en effet d’expliquer que, au delà d’une première rencontre avec l’Argentine et le tango, d’ordre superficiellement touristique au départ, nous avions voulu comprendre ce que la danse nous apprenait de cette terre d’immigration, des gens, y compris des indigènes, et de la vie quotidienne où on ne passe pas son temps à danser…  bref, quelle est la réalité argentine, derrière le beau rideau rouge du tango ?
L’amabilité de Gabriel Soria, sa maîtrise de l’interview et surtout la finesse de ce qu’il avait perçu dans l’entrevue à l’Academia, nous ont mis parfaitement à l’aise. L’intervention avait pourtant commencé solennellement par une adresse à la France et un salut respectueux au Président Macron. Pour inviter les politiques à danser le tango ? Ensuite, il s’est appuyé avec humour sur l’anecdote d’un échange quotidien de diverses versions du tango « En esta tarde gris », entre André et Hélène, pour amener la question sur notre intérêt pour les interprétations diverses, et pour insérer la diffusion du tango dans cette séquence. Il avait bien sûr aussi prévu de diffuser « Pa que bailen Los muchachos » pour conclure mon intervention sur mon récent roman dont le titre est emprunté au refrain. Son fil conducteur était de souligner l’ engouement que nous avions pour le tango, et au delà, pour la vie et la culture argentine. Rubén Reale, qui était le troisième protagoniste rappelait au passage, à partir de l’histoire du Monument du tango, combien la France jouait un rôle important dans le va-et-vient mondial de la danse, notamment à travers un festival dynamique comme celui de Tarbes, où nous nous étions rencontrés. Les explications passionnées d’André Vagnon sur la période où les musiciens argentins firent merveille en France et sur sa passion de collectionneur, parachevèrent une émission chaleureuse et enrichissante pour nous, et la technicienne complice du réalisateur paraissait elle-même autant émue que nos épouses.

    

                                                

Le meilleur restait à venir car Gabriel Soria nous avait donné rendez-vous dans un bar, pendant que son équipe mettait sur une clef l’enregistrement de l’émission.
Il nous a effectivement rejoints et alors que nous discutions avec les amis, il nous a offert à chacun un sac avec des cadeaux : disques vinyl, CD, livres, revue hommage à Horacio Ferrer, et en prime pour André Vagnon, un choix de vinyls anciens, tirés de sa collection personnelle, qui, paraît-il, occupe trois lieux… Nous étions très émus par ce geste tout en délicatesse, personnalisé pour chacun de nous deux. Autre bel exemple de l’hospitalité argentine vantée dans un article récent. Un grand moment émouvant que les Argentins savent vous procurer et qui restera pour nous inoubliable !

                                    

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par chabannonmaurice

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