ROCIO

  Rocio, c’est la rosée, celle des aurores aux doigts de rose. Celles qui portent ce pré­nom sont entreprenantes, entre confiance et dévouement

      Petite fille, Rocio n’avait jamais été impressionnée par les gauchos qui rentraient du travail au galop, mouillés de transpiration et recrus de fatigue, après avoir surveillé les imposants troupeaux de l’estancia. Dans la région de Corrientes, ils faisaient partie du paysage et Rocio, malgré son nom poétique qui laissait supposer une certaine fragilité, n’était effrayée ni par les chevaux fougueux qu’il fallait savoir dompter, ni par les taureaux massifs aux cornes menaçantes, ni par l’allure virile et souvent rugueuse des peones qui partageaient leur temps entre les pâturages, la table et le lit. Ces derniers n’auraient pas osé le moindre piropo à son égard car ils savaient qu’elle était la protégée, fille unique du patron, sa petite dernière après trois fils qui assuraient avec lui la gestion du vaste domaine. Ils étaient tout simplement tenus à distance par sa beauté et sa fraîcheur. Juan, son père, avait espéré une fille après l’arrivée du fils aîné, mais il lui avait fallu attendre, car les deux naissances suivantes apportèrent encore des garçons. Aussi, avec sa femme, Amelia, avaient-ils longtemps hésité à choisir son prénom, hésitant entre Milagros, Miracle, et Rocio, Rosée et, Juan n’étant pas pratiquant, ils avaient opté pour Rocio, qui correspondait mieux à l’ambiance agreste de leur estancia

Un milieu naturel certes, mais rude, avec des pluies violentes qui transformaient les pistes en bourbier que seuls les chevaux et les 4X4 pouvaient parcourir avec quelques précautions. A d’autres périodes, la chaleur était écrasante et dans un paysage gorgé d’eau, les moustiques volaient en escadrille. L’estancia, à quelques kilomètres de Carlos Pellegrini, se situait dans les Esteros del Iberá, une zone marécageuse formée par l’ancien cours du Paraná et dont on parlait de faire une réserve protégée, susceptible d’attirer les touristes. Y vivent de nombreux animaux, dont les yacarés, une sorte de caïman, et les carpinchos, des rongeurs de taille impressionnante, recherchés pour leur cuir, sans parler de nombreux oiseaux. Les habitants étaient depuis longtemps acquis aux beautés sauvages de ce pays, et les gauchos s’étonnaient que les rares touristes qui s’aventuraient déjà dans ce lieu du bout du monde puissent s’évertuer à les prendre en photo car ils avaient toujours fait partie du paysage, comme les arbres ou les animaux. Rocio avait très vite frotté sa fragilité apparente à la rudesse de ce milieu et elle y grandit heureuse, prenant peu à peu de l’assurance, notamment pour monter les chevaux et approcher les troupeaux imposants. C’est sans doute là qu’elle prit une attirance particulière pour le cuir, celui des peaux des vaches qu’on abattait pour les asados, celui des moutons qu’on tondait pour la laine, et celui des carpinchos qu’on braconnait malgré les lois de protection qui entraient en vigueur.

Dès qu’elle avait su monter à cheval, Rocio avait compris quel soin il fallait apporter aux selles et aux harnachements. Pas seulement parce que les chevaux étaient l’outil de travail et que les gauchos en avaient plusieurs en charge, quand les activités exigeaient qu’on en change ; pas seulement parce qu’il y allait de la sécurité du cavalier et que la moindre négligence pouvait coûter cher ; mais aussi parce que les gauchos entretenaient une sorte de respect, voire de vénération pour une tradition argentine qui amenait chacun à être fier de l’animal, de son équipement et de soi-même. Peut-être la fascination qu’exerçaient les cavaliers sur le public tenait-elle à tout cela et Rocio se prêtait avec coquetterie au jeu des fêtes locales, où chacun rivalise d’élégance, chapeau et poncho bien ajustés, et bottes luisantes à grand renfort de graisse. Ce qui lui plaisait, en prime, c’était ce contact du cuir sous la main et quand son père lui offrit sa première selle, elle se jeta à son cou, et elle se rendit plusieurs fois dans la journée à l’écurie, dans la sellerie où on rangeait les harnais. Caresser la peau luisante de sa selle, s’imprégner de son odeur et appuyer sa tête dans le creux du siège lui procura un plaisir sensuel qu’elle retrouva quand elle monta son cheval avec le nouvel harnachement. Elle usa d’abord de bottes qui avaient servi à d’autres cavalières de la maison et sa seconde grande joie éclata quand, pour ses 18 ans, l’assemblée familiale lui offrit une belle paire neuve et que son père y ajouta des éperons de la collection familiale. Elle eut alors pleinement conscience, toute fille qu’elle fût, de faire partie de la confrérie des gauchos et d’une lignée qui partageait ce lieu avec la terre et les animaux. Et sans doute comprit-elle alors ce qu’était la Pachamama pour les nativos qu’elle était amenée à fréquenter et pourquoi le Gaucho Gil tenait une telle importance dans la région.

Après le lycée, ses parents l’incitèrent à aller à l’Université à Buenos Aires, considérant que les belles et bonnes études ne pouvaient se faire que dans la Capitale. Les trois fils suffisaient à la bonne marche de la ferme, et ils n’avaient jamais eu d’ambitions étudiantes, attachés qu’ils étaient à cette région de Corrientes, et à leurs cavalcades dans les étendues herbeuses. Le conseil de famille persuada Rocio que son avenir était à la ville, quitte à revenir plus tard, selon ses projets de vie, mais personne ne douta de sa probable réussite. Elle n’avait pas même, pour l’instant, d’attache sentimentale dans son entourage, et l’attrait de la nouveauté, de la capitale et des études l’incita à partir sans trop de regrets. Son installation ne se fit pas sans mal car le contraste était tel avec les Esteros, qu’elle avait l’impression de suffoquer dans les rues où l’agitation était permanente et où elle devait être des plus attentives chaque fois qu’elle traversait une avenue. Elle bénit ses parents qui avaient pu lui louer un appartement à Palermo, quartier plus tranquille, plus vert et, il faut bien le dire, plus huppé. Dès lors, étudiante enthousiaste, elle prit l’habitude de fréquenter les parcs proches pour y retrouver la verdure qui lui manquait. Elle écuma les musées, appréciant aussi bien l’art ancien que l’art moderne, sans oublier les arts populaires. Enfin sur recommandation d’un de ses frères, elle découvrit deux activités : le polo et la Feria de Mataderos.                                                                  

Le campo argentino de polo était tout proche de son appartement et elle s’y intéressa en assistant à des entraînements. En bonne cavalière, elle comprit que ce sport, dans lequel les Argentins excellent et où la complicité entre l’homme et le cheval est palpable à chaque minute, était une transposition virile des jeux de la pampa et des prouesses équestres du monde entier. Elle était fascinée par l’adresse des joueurs, certes, mais surtout par la vélocité des chevaux soigneusement sélectionnés pour ce sport et d’une grande maniabilité. Grâce à un ami amateur de ce jeu d’élite, elle put approcher les animaux et voir la qualité des harnachements et des soins. Bien que ce fût pour l’instant un sport plutôt masculin, elle fut tentée d’y faire sa place. Surtout, c’était un milieu trop aristocratique pour elle ! Quant à la Feria de Mataderos, elle s’y rendit par acquit de conscience, par fidélité à ses racines, mais persuadée qu’il s’agissait là d’un rendez-vous pour les touristes. En fait, chaque dimanche, c’est le creuset de la culture agricole argentine et celui de la nostalgie de la pampa, que Rocio partagea dès sa première visite au son de la musique et des danses folkloriques, dans une odeur de viande grillée et d’empanadas confectionnées sur place. De vieux gauchos s’y retrouvent, partagent le maté et l’asado et n’hésitent pas à se lancer dans la chacarera, la zamba et parfois le chamamé. Bref, cette ambiance festive et plus populaire, aux portes de Buenos Aires, lui plut beaucoup et elle y fit des connaissances dont une jeune femme, Susana, qui s’afficha vite comme une adepte du tango. « Comment ? tu es depuis plusieurs semaines dans la Capitale et tu ne danses pas ? » La question lui parut saugrenue car dans sa Province le tango ne tient pas la place qu’il prend à Buenos Aires. Les Portègnes imaginaient-ils que tous les Argentins appréciaient la danse et partageaient cette culture urbaine ?

Et pourtant, par curiosité, Rocio se trouva embarquée dans des milongas où elle se tint à la marge, près du bar, de peur d’être invitée car elle ne savait pas danser. Ne doutant pas de sa beauté naturelle, un peu sauvage, et de sa douceur de jeune femme, elle imaginait que son attraction sur les danseurs jouerait pleinement. Et puis elle appréhendait l’abrazo dont Susana lui parlait tant ! Alors, de son poste d’observation, elle admira les tenues recherchées des femmes, même pour celles issues d’un milieu très modeste : robes ou jupes toujours très fluides dans les mouvements, soulignant les figures de la danse, et surtout belles chaussures, d’une vertigineuse et fascinante élégance. Un homme aurait remarqué sans doute l’allure un tant soit peu érotique qu’elles donnaient aux jambes, le plus souvent gainées de bas, et la cambrure du bassin pour ne pas parler de la mise en valeur des pieds, joliment animés dans les adornos. Mais elle s’en tint à l’esthétique des escarpins, très différente d’une danseuse à l’autre. Comment celles-ci pouvaient-elles effectuer des figures si assurées sur des talons-aiguilles aussi sophistiqués ? Pourquoi pensa-t-elle immédiatement, qu’elle aimerait et pourrait fabriquer ces chaussures, dessiner les modèles, et que son goût du cuir l’amènerait à réussir ? Elle s’en ouvrit à Susana dans le taxi qui les ramenait chez elle et celle-ci, s’étonnant qu’elle ne pensât pas d’abord à apprendre la danse, lui dit : « Je suppose que la concurrence est rude, car je connais quelques boutiques qui ont dû fermer… mais nous pouvons en visiter certaines pour voir les modèles et te renseigner sur le métier. Mais tu devrais tout de même te lancer dans le tango, pour comprendre d’abord les postures et les équilibres. »

Le lendemain, Rocio appela ses parents pour leur faire part de son idée qu’elle voudrait transformer en projet. A sa grande surprise, son père abonda dans son sens, à condition qu’elle n’interrompe pas ses études universitaires ; il ajouta même qu’il pourrait lui envoyer des peaux et qu’il se renseignerait sur le circuit commercial de cette matière première indispensable. Il lui dit aussi qu’il connaissait un vieil ami, Emilio, qu’il avait un peu perdu de vue et qui était à l’époque aparador : il choisissait les peaux, les découpait selon les patrons pour des vêtements et des chaussures. Il allait essayer de retrouver sa trace. Et le papa d’ajouter : « Nous t’aiderons à mener à bien ton projet et, pourquoi pas, à louer ou acheter une boutique. » Rocio réalisa, compte tenu de ce qu’elle avait déjà vu à Buenos Aires, notamment dans les quartiers populaires, qu’elle avait de la chance d’être issue d’une famille plutôt aisée et d’être ainsi soutenue.                                                     

Dès lors, elle mena de front, avec entrain, trois activités parallèles : suivre des cours à la Escuela Cima, dans la section maroquinerie, apprendre le tango avec son amie Susana et surtout dessiner pour son plaisir des modèles raisonnables ou extravagants. Petit Léonard de Vinci laborieux, elle couvrait de croquis des carnets qu’elle avait toujours avec elle, s’inspirant ici et là d’une paire de chaussures qu’elle voyait dans une vitrine ou sur une passante. Elle fit aussi des recherches sur l’histoire des souliers, découvrant que les cothurnes des acteurs grecs de l’antiquité et les talons des nobles européens du 17ème siècle permettaient de se mettre en scène, tout comme les talons-aiguilles des danseuses de cabaret et ceux des femmes dans le tango… Elle s’inspira de modèles surannés et aussi d’autres plus récents pour dessiner, et prit conscience que la fantaisie ne se mariait pas nécessairement avec le confort. Il lui fallait absolument l’expérience de la danse et celle des professionnels. Le plus facile fut assurément d’apprendre le tango, et le dynamisme constant de Susana devint contagieux : elle invitait Rocio chez elle et avait toujours la musique prête, et comme elle s’entraînait à guider, elle apprit vite à son amie la posture et les pas de base. La souplesse que Rocio avait acquise comme cavalière et l’habitude d’une position très contrôlée firent que la jeune femme trouva plaisir et aisance dans la danse. Et, dans le groupe des amis et des cousins de Susana, les garçons rivalisèrent d’invitations dès qu’elle se sentit assez assurée pour fréquenter les milongas. Au début elle s’amusa des parentés entre la danse et l’équitation : le guidage et la position ne jouaient-ils pas le même rôle dans l’efficacité et l’élégance ? Mais elle écarta vite l’idée de se laisser mener comme une pouliche, elle qui avait été à l’écoute du cheval, et elle se dégagea d’une conduite trop contraignante : elle accorda beaucoup d’attention à sa liberté d’évolution, aux fioritures de ses pieds, autant pour mettre en valeur ce qu’elle apprenait peu à peu que pour tester son équilibre et bien sûr le confort de sa première paire de chaussures. Les cours à La Escuela furent plus laborieux quoique passionnants, car elle n’avait pas imaginé toutes les étapes de fabrication des objets, vêtements et surtout des chaussures. Entre le dessin du styliste et la finition jusqu’à la mise en vente, se déroulait une dizaine d’étapes, toutes importantes car le confort et l’élégance résultaient aussi bien de la forme que du choix du cuir qu’il fallait ensuite découper sans erreurs, assembler jusqu’aux finitions : la qualité importait tout particulièrement pour les danseuses rompues au choix de plusieurs paires assorties à leurs tenues vestimentaires ! Elle fut particulièrement attentive à deux étapes : celle du coupeur qui sélectionne le cuir, et celle du monteur, qui place le cambrion soutenant la voûte plantaire, la semelle et le talon, éléments essentiels pour la chaussure de tango. Mais elle réalisa vraiment toute la finesse de ces opérations en allant voir travailler Emilio dans son atelier. Le vieil homme ressemblait à Gepetto, la figure ridée et les mains noircies par le cuir et les cirages, mais celles-ci restaient d’une dextérité et d’une minutie étonnantes. En dehors du travail du dessinateur, de celui du formier et du choix des cuirs, sa formation artisanale lui permettait de réaliser toutes les autres étapes. Elle lui fit part de son projet, de son désir de travailler avec des artisans, et des possibilités de se procurer de beaux cuirs par l’intermédiaire de son père. Mais quand elle montra ses dessins à Emilio, celui-ci pointa du doigt une bonne moitié de croquis qui, selon lui, étaient irréalisables sous forme de chaussures confortables. Il eut cependant envie de l’aider car son enthousiasme était communicatif. « Je travaille actuellement pour un petit fabricant qui, à cause de l’âge, veut fermer et cherche à vendre ou louer sa boutique, bien située dans la rue Maipú, tout près du Micro Centro. C’est un bel emplacement mais es-tu prête à te lancer dans une concurrence difficile, dans le marasme économique actuel ? Et surtout auras-tu les pesos pour cette aventure ? » Grâce aux propositions de son père, Rocio avança qu’elle pensait pouvoir tenir le pari et ils prirent rendez-vous pour se retrouver quelques jours plus tard dans la tienda. Dans les jours qui suivirent, jamais elle ne douta de sa réussite et c’est souriante, comme si elle était déjà chez elle, qu’elle entra dans les lieux, faisant forte impression sur Eduardo, le vendeur qui lui fit bonne figure d’emblée. « Si tu as des idées et tes dessins en montrent quelques-unes, tu dois faire confiance à Emilio, qui ne retiendra que celles qui sont bonnes, portables et vendables. Et si tu transformes un peu ma vieille boutique, si tu as toute l’expérience de la danse, tu es jeune et jolie et tu réussiras. Tu acquerras vite les manières prévenantes de prendre en compte les clientes. Les bonnes danseuses sont parfois des emmerdeuses, mais elles peuvent t’acheter plusieurs paires à la fois ! », dit-il avec un clin d’oeil sur ces dernières paroles. Affaire vite conclue car Juan, son père fit le déplacement spécialement pour sa fille, apportant en cadeau, non seulement les pesos, mais aussi de très belles peaux qu’il avait lui-même sélectionnées, veillant à ce qu’elles n’aient ni piqûres d’insectes, ni écorchures. Rocio partagea alors son temps entre le dessin et l’atelier d’Emilio, le matin, la réfection de la boutique, l’après midi et les milongas le soir. Elle en profitait aussi pour distribuer dans les diverses salles un prospectus qui annonçait l’ouverture prochaine de son magasin : elle y vendrait les dernières chaussures de son prédécesseur mais surtout, elle testerait plusieurs de ses nouveaux modèles. Elle aurait voulu qu’Emilio aille plus vite pour confectionner les souliers dont elle devait présenter des pointures différentes. « Si tu veux avoir dès le départ une bonne réputation, il faut que les chaussures soient parfaites et je dois soigner particulièrement la facilité pour accrocher les boucles ! Les danseuses piaffent quand elles se préparent et l’accrochage des chaussures ne doit surtout pas les énerver ! »                                             

Quelques semaines plus tard, la boutique était pleine pour l’inauguration et les curieux s’y pressaient, autant pour voir la patronne dont l’audace commerciale étonnait, que pour voir les chaussures qu’elle avait créées. Ce qui frappait surtout, c’était les couleurs vives des escarpins, présentées avec grand soin dans des vitrines, séparées par des livres consacrés au tango et au folklore, et par des accessoires indispensables à toute danseuse : éventails, bijoux fantaisie, accroche-sacs…Et en bonne place sur le mur, s’exposait en majesté la photo de son père à cheval. Enfin Rocio avait aussi ménagé un espace pour exposer la plus belle de ses selles.  Clou de la présentation, sur une étagère particulière, dressé sur un tissu de poncho, trônait le modèle phare de la collection qu’elle avait baptisé “Milagros”, pas seulement parce que la chaussure semblait tenir miraculeusement en équilibre sur des talons extrêmement fins, mais parce qu’elle avait voulu rendre un hommage discret à ses parents en choisissant ce qui avait failli être son prénom. Sur le contrepied figurait une bande de carpincho. Les ventes du jour tinrent aussi du miracle et Emilio, qui avait revêtu son costume des grands jours, serra Rocio dans ses bras, en disant qu’il était fier d’elle et voulait bien travailler quelques années à son service. « Il te reste à tenir le pari en faisant ta place… et à trouver chaussure à ton pied ! Et en n’oubliant pas cette pampa à laquelle tu tiens tant, mais tu sais qu’elle est aux portes de Buenos Aires ! »

Comme pour les deux nouvelles précédentes, j’invite le lecteur à se reporter au lexique des mots argentins déjà utilisés et que je complète ci-dessous par le vocabulaire nouveau.

Adorno ( el ) : ornement, fioriture pratiquée dans la danse, avec la jambe ou le pied, pour rendre une figure plus élégante. Les femmes argentines excellent dans ces petits mouvements discrets, pour peu que le partenaire leur en donne la place et le temps.

Aparador (el ) : apprêteur, celui qui prépare le cuir, selon les patrons des chaussures, et éventuellement coud les diverses pièces.

Asado (el ) : c’ est un ensemble ( copieux ! ) de viandes et d’abats rôtis, principalement du boeuf, sur un gril plat ou tournant. C’est la préparation conviviale des fêtes en Argentine.

Campo ( el ) : le champ, le terrain.

Carpincho (el ) : sorte de gros rongeur qui semble tenir à la fois du rat et du castor et dont le cuir est apprécié en maroquinerie.

Chacarera ( la ) : danse folklorique originaire du Nordoeste, pratiquée généralement en groupe soit en face à face, soit en rond. Les femmes y montrent des jeux de jupe séducteurs, face aux hommes qui font des zapateos, frappements de pieds virils, hérités des traditions gauchesques.

Chamamé ( el ) : c’est une danse du Nord-Est, mais aussi du Paraguay et du Brésil, qui mixte des héritages guaranis et espagnols entre autres, sur un accompagnement de guitares et d’accordéon.

Empanada ( la ) : petit chausson, garni de viande, de fromage ou de verdure, spécialité argentine proposée dans des lieux spéciaux de cuisson ou dans les bars, restaurants … et en particulier dans les milongas.

Estancia ( la ) : ferme d’élevage et de culture, généralement sur une propriété étendue.

Feria ( la ) : foire, salon. A Buenos Aires, le terme s’applique à la Feria de San Telmo, rassemblement hétéroclite de brocante, artisanat, démonstration d’artistes et ventes en tous genres ; mais aussi à la périphérie, à la Feria de Mataderos, plus orientée vers les traditions, le folklore, l’artisanat et la cuisine des gauchos.

Gaucho ( el ) : éleveur et gardien de troupeaux, vivant de ce fait une vie nomade et libre : il reste une figure mythique de la vie et de la littérature argentines. José Hernández, avec son poème épique « Martin Fierro », en a fait un des représentants de l’identité nationale.

Maté ( el ) : ( Yerba Maté ) boisson traditionnelle argentine, stimulante, préparée par infusion d’une plante de l’espèce du houx. Sa culture à grande échelle est héritée des Guaranis. Sa préparation obéit à un cérémonial précis et sa dégustation se fait dans un récipient approprié ( maté ou calebasse ) et avec une pipette aplatie à une extrémité et un filtre à l’autre ( bombilla ). Offrir le maté et partager la même calebasse est un signe d’hospitalité et de convivialité.

Pampa ( la ) : ce sont les grandes étendues herbeuses réservées à l’élevage.

Peón ( el ) : ouvrier agricole, manoeuvre.

Peso ( el ) : unité de base de la monnaie argentine.

Piropo ( el ) : compliment galant fait à la danseuse par le danseur satisfait. Plus largement, compliment d’approche pour draguer. Les Argentines, lucides, ne sont pas dupes mais disent que les hommes mentent si bien que c’en est agréable !

Poncho ( el ) : vêtement typique de certains pays sud-américains, dans les Andes notamment, sorte de vaste cape en laine sans manches, et souvent colorée.

Tienda ( la ) : la boutique, souvent spécialisée sur un ou deux produits.

Yacaré ( el ) : variété de caïman pouvant atteindre une longueur de deux mètres.

Corrientes : C’est d’abord une ville, capitale de la province du Nord-est du même nom. C’est aussi le nom d’une des grandes avenues commerçantes de Buenos Aires.

Esteros del Iberá : dans l’ancien cours du fleuve Paraná, sept immenses lagunes d’eau douce constituent une réserve naturelle riche en faune et en flore, dans la province de Corrientes.

Feria de Mataderos : le quartier de Mataderos est, à la jonction entre Buenos Aires et le monde rural, le quartier des marchés aux bestiaux et des abattoirs, et on y fixe chaque jour le prix de la viande. La feria s’y déroule chaque dimanche et entretient les traditions gauchesques, dans une ambiance pittoresque.

Gaucho Gil : défenseur du pauvre et insoumis aux puissants, c’est une des figures révérées dans la Province de Corrientes, où on trouve beaucoup d’autels dédiés, garnis de drapeaux rouges et d’ex votos. Il fait l’objet d’un pèlerinage dans son sanctuaire aux abords de la ville de Mercedes. Les Argentins se nourrissent beaucoup de mythes et de manifestations religieuses syncrétiques.

La Pachamama : dans beaucoup de régions, les nativos amérindiens ont gardé le culte de la Déesse-Mère qui féconde la terre et préside au rythme des saisons. Sa vénération se mêle aux pratiques catholiques dans un syncrétisme religieux vivace, surtout dans les provinces du Nord et des Andes.

Palermo : un des quartiers de Buenos Aires qui concentre parcs, musées et belles habitations.

par chabannonmaurice

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