ITINERAIRE D’UN ENFANT GATE DU TANGO… 1 ) PRENDRE DES COURS – Episode 1 : « Les premiers pas »

A cette période où les activités de tango et plus particulièrement les Festivals ont repris de la vigueur, j’avoue avoir délaissé trop longtemps mon blog, lassé par les conséquences d’un virus qui, non content d’affecter la santé des gens, a surtout instauré réserve, défiance et parfois mésentente non seulement quant à l’opportunité de la vaccination, mais aussi dans l’attitude des danseurs. Les milongas se sont étiolées parce qu’elles ont dû fermer quand elles refusaient la clandestinité, et parce qu’elles ont mis en avant les divergences de vue entre les organisateurs et qu’elles ont exacerbé celles entre les tangueros. Ainsi l’engouement pour le tango s’est-il appauvri, y compris dans les Festivals, annulés ou simplifiés par les règles du pass sanitaire. Quelles traces ces événements laisseront-ils alors qu’on semble retrouver le rythme antérieur ? Que sont devenus les danseurs qui ont quitté la piste ? Découragement, désintérêt, voire désabusement ? Fatigue, voire maladie ? Décès ? Nous avons appris avec tristesse celui de quelques habitués des pistes, ici ou là bas, à Buenos Aires et ils nous ont quittés, pas toujours avec l’hommage qu’ils auraient mérité.

Pour ma part, la lecture et l’écriture ont entretenu la flamme , mais en triant photos et archives, j’ai surtout eu l’occasion de retrouver des témoignages et souvenirs de riches heures consacrées au tango, depuis notre découverte de la danse, son apprentissage et sa pratique tout au long des années. C’était d’abord, dans la complicité de l’abrazo, de beaux moments avec Hélène, mon épouse, particulièrement au cours de nos 9 séjours argentins. C’était souvent des moments partagés avec des amis chers et je leur dédie les articles qui vont suivre car ce fut la découverte et l’illustration de la convivialité que j’ai souvent mise en valeur dans les articles de ce blog. C’était finalement dans un bain de culture argentine où nous avons découvert et savouré, non seulement les paysages superbes de ce beau pays, mais aussi la diversité des populations et du folklore, la gastronomie et les vins, l’allant d’un peuple qui pourtant vit encore des heures difficiles, son histoire marquée à jamais par les moments sombres de la dictature…Finalement, nous sommes allés bien au delà de la danse dont le tango n’est qu’un élément d’une culture riche et diversifiée.

Aujourd’hui, alors que l’univers du tango semble revenir à la normale, alors que les milongas et festivals retrouvent une affluence enthousiaste, alors que nous venons de participer à un Festival plein de fraîcheur à Arbois, dans le Jura, je veux reprendre à ma manière la piste du tango pour souligner tout ce qu’il nous a apporté. Beaucoup de danseurs ont sans doute suivi des itinéraires parallèles et leurs réactions m’intéressent bien évidemment.

SUIVRE DES COURS : EPISODE 1 : LES PREMIERS PAS…

Quel instinct et quelles circonstances poussent un jour vers cette danse ? Peut être l’enthousiasme d’avoir assisté, à l’occasion d’un passage à Paris, au spectacle »TANGO ARGENTINO » . La troupe entamait une tournée européenne, avec en vedettes Juan Carlos Copes et Maria Nieves pour la danse et l’orchestre « Sexteto Mayor », prestation qui allait donner au tango un nouvel élan. Le couple vedette de cette danse inventait alors le tango fantasia, tango de scène qui allait donner à tous les amateurs l’illusion qu’ils pouvaient reproduire cette virtuosité ( voir ci-dessous une séquence You Tube qui donne une idée de leur talent; voir aussi l’article sur le film qui leur a été consacré  » Un Tango Mas  » , le 23/12/2015 ). Sans doute n’avons nous pas échappé à ce mirage !

Par ailleurs, la lecture, en 1990 du livre d’Horacio SALAS  » LE TANGO « ( Actes Sud 1989 pour la traduction française du texte paru en Argentine en 1986 et réédité plusieurs fois ) avec, en acrostiche  » Le tango est une possibilité infinie » nous a conforté dans cette orientation. Et, dans cette thèse, j’ai découvert par delà l’histoire du genre, la richesse et la poésie des textes dont Salas donne la version en langue argentine mais aussi la traduction en français.

https://youtu.be/2BBp0hqEXfE

Plus prosaïquement, je souhaitais découvrir cette danse comme un délassement à mon métier de Proviseur, particulièrement accaparant dans un établissement de près de 2000 élèves. Mais aussi quelque part, intuitivement, reprendre le chemin de la danse que mon père, qui excellait dans la valse, le paso doble…et le tango de bal m’avait montré. Hélène était dans les mêmes dispositions et nous voilà en quête d’une école de danse à Grenoble, proche de notre résidence de l’époque. Déception : pratique d’une sorte de tango de concours, professeure vieux jeu et peu conviviale, nécessité d’être assidus avec des déplacements longs, alors que le métier imposaient des obligations contraignantes. En plus, les bals restaient rares dans le secteur et il était difficile de mettre les choses en application. Nous renonçâmes très vite… mais momentanément !

Et c’est lorsque nous avons pu profiter de la retraite et que nous nous sommes installés en Provence que nous avons décidé de nous lancer à nouveau dans les cours, à Carpentras où Florent et Johanne avaient créé des sessions, à un moment où le tango était en pleine essor dans le Midi sous l’impulsion de couples argentins qui s’était installés à Marseille, à Nîmes, à Montpellier, à Toulouse, entre autres… Plusieurs découvertes entraînèrent notre adhésion : -Johanne avait l’habitude de commencer le cours par des exercices de mise en condition physique, ce qui nous étonna beaucoup au début : diable, le tango était-il un sport de combat ? Nous comprîmes vite que le corps, soumis à des postures diverses, était très sollicité et que nous avions intérêt à le maintenir en forme ! Plus tard, des professeurs argentins reprendront ces exercices sous d’autres formes et j’aurai l’occasion d’y revenir. – trouver l’abrazo et la posture initiale était la condition première d’une danse partagée avec le partenaire dans le plus grande efficacité et si cela paraît maintenant évident, au début, les crispations multiples, dans un trop grand souci de bien faire, furent nombreuses… – les premiers cours furent entièrement centrés sur la marche et même si le mot musicalité n’était pas encore mis en valeur, il s’agissait d’ évoluer en gardant la plus belle élégance. Marcher, marcher, marcher… Mais très vite, certains danseurs réclamèrent une chorégraphie ! ! ! – enfin, comme la plupart des couples étaient débutants et logés à la même enseigne, complicité et convivialité furent de mise et c’est de cette époque que datent quelques belles amitiés, cultivées ensuite dans de nouvelles expériences communes à Buenos Aires ou ailleurs. C’est peut être une des plus belles richesses du tango que ce partage d’émotions, de rencontres, de grands et petits moments dans ce monde si particulier. – pour vaincre toutes les appréhensions, le cours se terminait par un moment plus libre et plus festif de pratique, avec des échanges de partenaires et le sentiment, assez grisant, qu’un avenir dansant s’ouvrait à nous tous. Mais était-il si simple d’envisager de prendre dans l’abrazo un autre partenaire ?

Episodiquement, nous avions la possibilité de nous retrouver dans des milongas locales et parfois dans des cours occasionnels ou des stages et c’est ainsi que nous avons rencontré Ariane Liautaud, qui faisait alors ses débuts non seulement de danseuse professionnelle, mais aussi de professeur et nous avons pu suivre un cours avec elle chez des amis. C’est un souvenir rafraîchi récemment, car elle a donné au Festival d’Arbois, une séquence de sa pièce chorégraphique « TRES » qui fait aussi l’objet d’un article intéressant dans le numéro 127 de la Salida ( juin 2022 ). Nous avons pu évoquer avec elle ces instants où nous cherchions toutes les pistes pour améliorer notre danse. ( voir photo ci dessous ). Le tango procure toujours de belles rencontres et des retrouvailles, parfois avec des années d’écart.

Plus tard, alors que nous prenions de l’assurance et osions nous lancer dans les bals et les manifestations, nous allions rencontrer, dans un Festival à Aubais un couple, Raquel et Robert, qui nous conforterait dans l’idée qu’il fallait travailler avec assiduité le tango pour y trouver tout le plaisir possible et envisager d’aller à Buenos Aires.

par chabannonmaurice

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