ITINERAIRE : 2009 et la découverte de la REGION DE MENDOZA.

Pour ne pas lasser le lecteur, dans l’article précèdent, j’ai évité de de parler des cours, le but étant de ne pas nous éparpiller comme ce fut le cas l’année précédente. Notons simplement qu’en nous concentrant sur les séances à DNI, avec Eugenia et Sebastian, et sur ceux à la carte de l’Escuela de Tango, deux lieux éminemment sympathiques, nous avons repris le travail sur la posture et la marche élégante, certes avec plus de fioritures et d’apparents progrès… Mais nous avions aussi choisi de quitter la capitale et le tango pour découvrir de nouvelles régions du pays et des territoires voisins.

L’Argentine est en effet un pays immense, avec une variété de paysages dont nous avions eu un aperçu l’année précédente. Et nous étions étonnés de voir que la plupart des copains danseurs que nous retrouvions à Buenos Aires n’étaient pas sortis de la Capitale, passant leurs nuits à danser … et leurs journées à récupérer en dormant ! Nous avons eu l’occasion de vérifier cela pour la première escapade de 3 jours que nous avons passée en Uruguay, à Montevideo et Colonia del Sacramento et où nous avions incité une amie à venir avec nous pour découvrir cette autre capitale où naquit le tango…Un bateau assure la traversée du Rio de la Plata et, alors que nous étions prêts à embarquer sans elle, nous l’avons vu arriver in extremis, les traits tirés et à moitié endormie : elle sortait d’une milonga où elle s’était rendue avec sa valise ! Elle a dormi dans le bateau et une partie de la journée pendant que nous visitions la ville de Montevideo ! Celle-ci nous a paru moins agitée que Buenos Aires, avec une dimension plus humaine. Nous avions envisagé de participer à une milonga, pour voir si l’ambiance était différente des bals argentins, mais un orage gigantesque s’était déclanché sur la ville ce jour là, noyant les rues et gênant tout déplacement. Dans un palais officiel, nous avons pu voir la plaque commémorative de la composition de « La Cumparsita », tango connu de tous les danseurs et dont Montevideo revendique à juste titre la paternité. Bien sûr, nous avons préféré Colonia, une petite ville que nous avons gagnée en bus avant de reprendre le bateau le lendemain, après avoir apprécié l’ambiance peña d’un petit bar C’est une petite ville charmante, très marquée par son style colonial et où se déroulait alors un rassemblement de voitures anciennes : un cadre très dépaysant, à proximité de Buenos Aires et on peut faire l’aller-retour dans la journée. Je conseille cette escapade à mes lecteurs.

Quelques vues de Montevideo et de Colonia del Sacramento

Mais le véritable contact avec une autre Argentine aura lieu lors du périple de 10 jours qui nous conduira à Mendoza par avion, puis à la découverte de la région viticole en voiture et enfin à Córdoba avant de regagner Buenos Aires en bus-couchettes, expérience insolite mais confortable.

On sait que les immigrants en Argentine ont su acclimater les plants de vigne provenant de plusieurs pays. On sait qu’ils ont su attirer les meilleurs œnologues du monde entier – notamment des Français – et créer des propriétés importantes, avec les techniques de vinification les plus modernes. On sait aussi qu’ils rachètent massivement nos fûts et tonneaux de chêne. On sait enfin que derrières les étiquettes argentines célèbres se cachent des grands groupes internationaux qui ont acquis les propriétés et rentabilisé la commercialisation. On sait moins que la culture se fait jusqu’à des altitudes élevées de 1800-2000 mètres dans la région des vallées calchaquies et de Salta. Et jusqu’à 1200 m dans le Cuyo, région de Mendoza. Nous avons pu constater en parcourant la région, et en visitant des bodegas et bien sûr en dégustant, que les vins étaient excellents, souvent fruits d’assemblage alliant les qualités de divers cépages dont plusieurs sont connus de nos vignerons comme le malbec et la syrah et d’autres plus locaux comme le tannat, le torrontes ou le criolla. Quelques années plus tard, dans la région de Cafayate, nous nous rendrons compte que les natifs indiens ont beaucoup de difficultés pour acheter des terres viticoles qui leur appartenaient originellement et que les colons immigrés se sont aménagées de grandes propriétés, souvent luxueuses, certaines affichant des installations somptueuses, parfois avec de véritables musées et une église…

Dans le vignoble : dégustation, chais impressionnant et vignoble sur fond de la chaîne enneigée des Andes.

La ville de Mendoza mérite une visite, ne serait ce que par son cadre au pied de la Cordillère des Andes, sa réputation de capitale des vins argentins et son passé historique : le colonel San Martin y réunit, pendant la guerre d’Indépendance, l’armée qui libèra le Chili et le Pérou des colons espagnols. Un monument gigantesque célèbre ce héros dans un parc somptueux. Mais la ville nous a surpris surtout par son calme, tout en contraste avec Buenos Aires : on a envie de flâner dans les rues et aux terrasses des bars …Nous avons ensuite fait route par la Ruta 7 jusqu’à la frontière avec le Chili, à plus de 3000 mètres avec un parcours spectaculaire qui passe par Puente del Inca, une formation géologique de souffre et de fer, et des échappées sur l’Aconcagua, le plus haut sommet des Amériques. Nous avons même flâné dans un marché de vêtements locaux, ponchos en particulier.

Quelques vues de Mendoza et de la Ruta 7 : Puente del Inca et environs.

Ensuite, notre périple nous a conduits dans les parcs d’Ischigualasto ( Valle de la Luna ) et de Talampaya, deux sites spectaculaires où nous n’étions que quelques visiteurs. Avec le premier lieu, on retrouve la terre originelle de l’Argentine, telle que l’ont connue les indiens primitifs : beauté et démesure d’un endroit bouleversé par la formation tellurique des Andes. Et surtout ce fut un territoire des dinosaures les plus variés ce qui justifie la présence de chercheurs et d’un musée très didactique. Le parc de Talampaya voisin relève des mêmes caractéristiques géologiques, mais il est surtout étonnant par ses falaises colorées, son canyon asséché, ses formations travaillées par le vent, pétroglyphes sacrés, arbres et arbustes étranges adaptés au climat. Ces deux parcs, peu fréquentés et protégés apportent un dépaysement, totalement déconnecté du tango !

Nous terminerons notre séjour dans la région par une randonnée en 4X4, avec guide indispensable, dans un site plus au nord ; celui de la Laguna Brava. C’est une réserve d’altitude entourée de montagnes multicolores et de volcans impressionnants, et la lagune attire des colonies de flamants roses, des hordes de vigognes au pelage laineux doré utilisé pour les tissages. Sur le parcours on peut observer une vie locale rude mais qui maintient les traditions. Et apprécier aussi les petites églises qui évoquent immanquablement le tango « La Capilla Blanca » . Bref, cette région est à découvrir absolument pour ceux qui veulent avoir une idée d’un pays aussi vaste et divers selon les régions.

Pour conclure cette échappée touristique, nous sommes donc revenus en bus en passant par Córdoba, 2ème ville du pays, assez déroutante par son aspect disparate, mais illustre par son patrimoine jésuite. Nous avons donc surtout exploré celui-ci et nous avons retrouvé le tango, en participant à une milonga dans laquelle nous avons tout de suite été incorporés parce qu’on y fêtait un anniversaire à grand frais de vins divers et de gâteau partagé ! Encore un souvenir très convivial, comme celui de la dégustation d’un asado dans un restaurant local. Quant à l’expérience du bus de nuit, et malgré les rumeurs sur la fréquence des accidents, nous avons apprécié le confort des couchettes, le repas et petit déjeuner servi à bord et l’animation de la gare routière de , à Buenos Aires, où nous sommes arrivés au petit matin.

Cette longue escapade dans le sud avec des paysages variés et des villages tranquilles, avec des moments privilégiés dans des hébergements parfois insolites, nous a persuadés que l’Argentine valait plus que le simple séjour de tango et, dans les voyages qui suivront, nous partagerons toujours notre temps entre la danse et la culture argentine d’une part et le tourisme dans diverses régions du pays par ailleurs.

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par chabannonmaurice

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